Suroît - suite des commentaires “sous toute réserve” :

La conclusion tirée du débat public sur le projet de construction de la centrale thermique au gaz naturel à Suroît (basée sur ce qui est proposé par Hydro-Québec) selon quoi elle est: “souhaitable, mais non indispensable” a fait sursauter ses adversaires sans autant satisfaire ceux qui la supportent.

En l’apprenant - je me suis retrouvé parmi ceux qui attendaient un verdict plus catégorique et tranchant.

Cependant ...

Cependant ... , après quelques jours de réflexions, je suis arrivé à une constatation que cette conclusion reflète le mieux la sagesse populaire québécoise.

La conclusion résume génialement la situation tout en laissant la porte entrouverte à la possibilité d’un “réajustement de tir”.

Souvenez-vous le temps de “verglas du siècle” , quand on s’arrachait des petites génératrices d’urgence tout en enviant à ceux qui ont eu l’idée d’installer, bien avant ces événements, de plus grosses (stationnaires) sans se poser de questions sur leurs justifications financières?

A ce moment là - l’utilisation de tout équipement pouvant produire de l’électricité ne soulevait pas d’objections - c’était la situation d’une crise.
Mais, essayez de faire fonctionner le même équipement tout le temps (pour “justifier financièrement” leur d’investissement) - cela ne durerait pas longtemps, vous auriez des voisins incommodés par leur fonctionnement sur vos trousses et - vite.

Cela concerne de la même manière le fonctionnement de grosses centrales thermiques. Tant qu’elles ont le caractère d’appoint et sont opérées d’une manière intermittente ou, plutôt ajustant leurs capacités de production - selon les circonstances et en respectant les conditions météorologiques locales - cela peut être acceptable.

Par contre, si on pousse à améliorer leur rendement financier au dépend de la qualité environnementale vitale pour le voisinage - on commence à avoir des objections dont les coûts (plutôt difficiles à quantifier) n’ont pas été prévus dans la justification financière initiale.

C’est pour cela, s’il existent d’autres raisons poussant vers la construction de la centrale thermique à Suroît - qu’on ne connaît pas - il faudrait imposer l’accomplissement de quelques conditions avant de permettre le commencement des travaux.

1. La plus importante d’entre elles est celle de revenir à l’idée initiale de son caractère d’opération d’appoint et non continue.
2. Le caractère d’opération d’appoint, mais - à capacité variable - soumettant et ajustant le profil de la puissance de production aux limitations résultant des conditions météorologiques du moment.
3. Charger une des universités à Montréal d’élaborer le monitoring (accessible par l'Internet) de nuisance environnementale provenant de l’activité de la centrale. Le monitoring doté d’un programme qui permettrait d’optimiser le profil de la capacité de production et le limiter à un niveau acceptable par l’environnement pour de conditions météorologiques du moment - conformément à un règlement devant être élaboré dans ce sens.
4. Pour s’assurer de la réalisation de ces conditions, il faudrait revoir la conception initiale de la centrale afin d’installer plusieurs ensembles tourbine-génératrice (au moins trois) - ce qui serait probablement plus cher mais, par contre, plus flexible et secrétaire.
5. La justification financière devrait devenir subordonnée aux considérations de l’utilité et d’une économie dans le sens plus large - incluant d’évaluations d’aspects non quantifiables directement.

Si on procède de cette manière, on pourra s’apercevoir vite, qu’un élargissement de la centrale thermique à Tracy, comprenant l’ajout de quelques ensembles tourbine-génératrice à gaz naturel, deviendrait préférable. Une telle option permettrait d’éliminer plusieurs inconvénients de la proposition débattue tout en mettant en relief et au profit de leurs avantages. La première partie de mes commentaire en donne quelques détails.

Le but de ce complément de mes commentaires précédents est de démontrer, une fois de plus, à quel point il est utile de procéder par de débats publics dans les cas de projets de l’utilité publique.
Chaque débat publique permet de mettre en relief diverses éventualités futures non désirables qui n’ont pas été prises assez en considération, omis ou - tout simplement - oubliées.
Cela procure une occasion à un “ajustage de tir” permettant un meilleur aiguillage décisionnel dans de situations complexes et surtout celles concernant la stratégie de la réalisation de projets relevant du développement durable.

P.S.:
L’incident de l’échappement d’un nuage d’à peine quelques cinq tonnes de SO3 d’une usine à Valleyfield et le chemin de son parcours (montré sur la carte, accompagnée de description, copiées de La Presse pour les montrer comme l’exemple) met en relief la pertinence de ma remarque sur le risque de la création de notre propre source de "smogues" d’été.
De "smogues" d’été (traînés de surplus d’humidité combiné avec de polluants locaux) pouvant résulter de l’opération continue de la centrale thermique à Suroît (à pleine capacité) sans faire l’attention aux conditions météorologiques du moment - tel qu’il semble d’être proposée par ses promoteurs (probablement par le simple souci d’une d’accélération d’amortissement de l’investissement).
Sans être méchant - vous vous imaginez la panique que cela pourrait causer à “West Island” si le vent tournait “a little bit” vers le Nord ?

L’article paru dans La Presse à cette occasion est à tel point éloquent (quant à l’état des préparatifs de la protection civile à une éventualité de catastrophes de nature industrielle et/ou environnementale) que je me suis donné la peine de le copier en entier afin de le rendre accessible ici.

Je me demande, à cette occasion, comment on protège (juste dans la région de Montréal) des stockages de toute sorte de poisons (de produits hautement toxiques) utilisés par l’industrie locale et surtout - comment et par quels moyens on les transporte ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui se pose la question: combien de milliers de vies humaines dépendent d’une petite craque pouvant apparaître dans une des centaines de citernes les “trimbalant” à des vitesses allant souvent de 100 à120 km/h ?

J’ai l’impression d’être amené ainsi, par un débat sur la construction d’une centrale thermique, à ouvrir une vrais “boîte de Pandore” ...

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mis à jour le 12 octobre 2004


A ceux qui se sont rendu jusqu’à là; la voilà - la copie de l’article paru dans La Presse qui, par pur hasard, vient de confirmer une de mes hypothèses décrite dans mes commentaires du 28 juin 2004 ...


LA PRESSE

Montréal mercredi 11 août 2004 Le plus grand quotidien français d’Amérique

NUAGE TOXIQUE
Partie de Valleyfield, une nuée de gaz acide a traversé Montréal lundi soir
CHARLES CÔTÉ

Un nuage de gaz acide s’est échappé lundi soir de l’usine de Noranda à Valleyfield et a traversé le centre-ville de Montréal, causant plus de peur que de mal, mais remettant en question les plans d’urgence censés protéger les citoyens des accidents industriels.
Les porte-parole de Noranda ont confirmé hier que la veille, vers 21 h 45, l’usine de raffinage de zinc CEZinc a laissé échapper cinq tonnes de trioxyde de soufre (SO3), un gaz qui se transforme en acide sulfurique au contact de l’eau.
Le gaz a formé un nuage que la faible brise a transporté dans la campagne à l’est de Valleyfield, puis vers Melocheville, à travers le lac Saint-Louis jusqu’à Dorval et ensuite le centre-ville de Montréal.

>Voir NUAGE en A2


NUAGE
suite de la page A1

Ce trajet très long, dû aux conditions météo, a surpris les experts d’Environnement Canada et les responsables de l’entreprise.
Un résidant de Saint-Thimothée, à 6 km à l’est de l’usine CEZinc, a dû évacuer sa maison en vitesse peu après 22h, lundi, avec sa conjointe et ses filles de 12 et 13 ans. Un brouillard épais venait de l’envelopper.
“ On était assis dehors et on respirait mal, on toussait, raconte Jean-Luc Génier, directeur d’école à la retraite. On ne voyait pas à 30 mètres et la gorge nous brûlait.
Vers 22 h 30, on a entendu les sirènes de loin et les pompiers sont arrivés. Ils nous ont
demandé si nous, on savait ce que c’était. Eux ne le savaient pas.”
“ C’était tellement fort, tellement opaque que je me suis dit : on va crever, poursuit-il. On a pris la voiture et on est partis. Les filles étaient découragées parce qu’on laissait derrière nos animaux, un lapin et des chats, et elles croyaient qu’ils allaient mourir.”
Toute la famille s’est rendue à l’hôpital de Valleyfield. Chacun a pu voir rapidement un médecin et tous ont reçu leur congé. Selon un porte-parole de cet hôpital, au moins une autre personne s’est présentée aux urgences lundi soir à la suite de cet événement.
Claude Prévost, de la Santé publique de la Montérégie, ne signale aucune blessure. “ Quelques personnes ont été incommodées, dit-il. Heureusement, cela s’est limité à pas grand-chose. Il n’y a pas de raison qu’il y ait des séquelles à long terme.”
Selon la porte-parole de Noranda, Johanne Brunet, la fuite de gaz est due au bris d’une pompe dans l’usine de raffinage de zinc. Cette usine utilise de l’acide sulfurique pour séparer le zinc du soufre. Il en résulte un acide encore plus fort qui est récupéré et vendu. L’usine produit chaque année 275 000 tonnes de zinc et 500 000 tonnes d’acide.
Le bris de la pompe a fait sauter une valve de sécurité qui a libéré du SO3 pendant 14 minutes, jusqu’à ce que les employés réussissent à arrêter l’usine. “ Les conditions météo ont fait qu’il ne s’est pas dispersé dans l’atmosphère, explique Mme Brunet. C’est la première fois qu’il y a une fuite de cette ampleur. “
Une responsable d’Environnement Québec rencontrée sur place maugréait hier. “ On a été avisés juste à 23 h, affirme Jocelyne Auger. Disons que le délai a été un peu long. On aurait voulu être au courant à 22 h 30. “
Le responsable des mesures d’urgence de l’usine, Jean-François Gagnon, affirme que ces mesures ont été déclenchées “ dans les minutes qui ont suivi “ le bris de la pompe.
“ Dans ces circonstances, la première responsabilité est de s’assurer qu’il n’y a pas de blessés, dit-il. Ensuite, il faut colmater la fuite. On ne croit pas qu’il soit possible d’alerter les autorité plus rapidement. “
“ Vers 22 h 50, les pompiers sont arrivés sur place, poursuit M. Gagnon. Les citoyens les avaient avisés. “
La sensation de brûlure est normale au contact du SO3, selon Daniel Daoust, responsable de l’environnement à l’usine. “ Avec l’humidité de la peau ou de la gorge, il se forme tout de suite de l’acide sulfurique “, dit-il.
Environnement Canada a suivie le trajet du panache. “ On s’y est pris un peu sur le tard parce la compagnie ne nous a pas appelés, affirme Claude Rivest. Vers 2 h du matin, on a pu confirmer que le panache pouvait provenir de cet incident. La brume a traversé le lac Saint-Louis et a atteint Dorval, puis a traversé le centre-ville. Ça touché jusqu’à l’est de Montréal. “
“ Ça nous a fait plaisir d’aider les gens de Noranda, mais maintenant, on va leur poser des questions, dit-il. Notre règlement dit qu’il faut faire des efforts pour avertir les personnes qui pourraient être affectées. “
Le maire de Valleyfield, Denis Lapointe, convient que l’incident pourrait conduire à un resserrement des mesures d’urgence. “ Il va falloir faire le point ensemble pour voir s’il y a des failles, dit-il. On a essayé avec le temps de mettre en place des outils pour répondre à cette problématique. “

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mis à jour le 12 octobre 2004